Alors que le groupe bat ses records de vente et de résultats, la filiale française  conforte sa place de n°1 des importateurs et se fixe d’ambitieux objectifs, avec plusieurs nouveautés véhicules et diverses modifications organisationnelles.

La conférence de presse annuelle du constructeur de Stuttgart s’est tenue fin février. Sur un marché français plus de 6 tonnes au niveau élevé (53 133 immatriculations, soit +7 % vs 2017), Mercedes-Benz pointe en deuxième position avec 15 % de part de marché et conforte une nouvelle fois sa place de leader des importateurs dans l’Hexagone avec 7 923 immatriculations (+ 5,6 % vs 2017). S’il n’arrive qu’en 4ème position -pour quelques unités- en tracteurs avec 4 184 immatriculations en frôlant son score de l’année 2017, il s’affirme sur le segment du porteur, dont la progression est mitigée. Les résultats 2018 en porteurs lourds sont ainsi très positifs, avec une hausse de 22,2 % pour les plus de 16 t (3 092 immatriculations contre 2 530), le “sous segment” des moins de 16 t étant en nette baisse en France (647 unités contre 714) comme dans toute l’Europe. L’étoile conforte son leadership dans les applications liées au béton (pompe, malaxeurs, etc), au dépannage et TP (autres que malaxeurs) et s’affirme dans celui des bennes, plateau-distribution et porte-conteneurs. La marque, qui attribue entre autres ses résultats à une politique carrossiers initiée en France à l’automne 2014, est ainsi en 1ère position sur le marché français des malaxeurs (32,59 % de PdM*) et dépanneuses (31,44 %), en 2ème sur celui des bennes (21,28 %), des porte-conteneurs (20,47 %) et des plateaux de distribution (19,77 %), et sur l’ultime marche du podium pour les citernes et les fourgons secs ou sous température dirigée.

Une offre encore élargie

Disponible dès 3,5 t et jusqu’à 8,55 t, référencé par l’UGAP, le petit camion nippo-portugais Fuso Canter a réalisé une excellente année 2018 (+ 14,5 % avec 608 immatriculations vs 531 en 2017) dans un marché en baisse de 3,9 %. Autrefois largement acheté en moins de 3,5 t, la part PL  du Canter a atteint quasiment 50 % des ventes totales françaises, entre autres du fait du Canter EcoHybrid, modèle bien adapté aux nouveaux besoins environnementaux de la distribution urbaine et qui sera épaulé par une version électrique (assemblée au Portugal et déjà en service en Allemagne, aux USA et au Japon). Cet eCanter, dont les premières livraisons en France sont en cours (première mise en service fin mars chez DB Schenker), affiche une autonomie d’une centaine de kilomètres et une charge utile similaire à celle des versions thermiques. Mercedes a également enregistré de nombreuses prises de commandes pour l’Econic à cabine basse, proposé en motorisation gaz et désormais disponible dans sa version gazole couplé à la boîte PowerShift. L’année a été aussi bonne pour l’Unimog, dont la version agricole a été présentée officiellement au SIMA 2019.

Nouvelles évolutions en gamme lourde

Dévoilée sur le dernier IAA, la version gaz de l’Actros -Actros NGT-, uniquement proposée en version porteur 18 ou 26 t, adopte le moteur de l’Econic NGT,  à savoir le 6 cylindres en ligne OM 936 G de 7,7 litres développant 222 kW/302 ch. La principale nouveauté produit sera toutefois en 2019 l’Actros 5 au cockpit digital à écrans plats tactiles en lieu et place de la planche de bord classique, dont la production sera lancée en fin de printemps. Plus de 60 innovations sont annoncées sur ce véhicule, dont les MirroCams (caméras remplaçant les traditionnels rétroviseurs) à angle de rétrovision accru ; l’Active Drive Assist (conduite semi-autonome) ; l’Active Brake Assist de 5ème génération assurant l’arrêt face à un obstacle mobile ou non, ou le Predictive Powetrain Control désormais calibré pour la circulation interurbaine. Le nouvel Arocs 5 (version BTP de l’Actros) bénéficiera également de ces nouveautés. Côté marketing, la gamme Antos de porteurs lourds adoptera l’appellation Actros “Small & Medium”  cette année. En électrique, Mercedes annonce la mise en service en Allemagne et en Suisse de dix exemplaires  de l’Actros eTruck dévoilé en 2017. Ces camions d’essais sont actuellement testés en conditions réelles pour valider les composants nécessaires à l’utilisation de cette nouvelle technologie avant mise en production fin 2020.

Organisation et services

Sous réserve de validation par son actionnariat en mai, 2019 verra plusieurs évolutions au sein du groupe Daimler, à commencer par sa réorganisation en trois entités juridiques opérationnelles. Elle séparera automobiles et utilitaires (Mercedes Benz AG), véhicules industriels (Daimler Truck AG) et services financiers et mobilité (Daimler Mobility AG), sous la houlette de Daimler AG concentré sur les aspects gouvernance et stratégie du groupe. La France verra dans tous les cas apparaitre Mercedes Benz Trucks France, regroupant notamment les camions Mercedes et Fuso dans une entité autonome présidée par Jean-Marc Diss. Dans un marché attendu en légère baisse, elle s’est d’ores et déjà fixé un ambitieux objectif de 10 000 véhicules (plus 100 Unimog), dont 1 000 Canter, pour la distribution duquel elle affiche de fortes ambitions et une évolution des structures, à l’image du premier Fuso Center hexagonal de la marque, ouvert à Villeneuve Loubet par Azur Trucks début janvier. Après  de bons résultats dans le registre des services l’an passé (2 camions neufs sur 3 avec extension de garantie ou contrat d’entretien, adoption de la télématique embarquée FleetBoard par 50% des clients, …), Mercedes-Benz Trucks France a également de forts objectifs, visant entre autres un objectif de + 100% de connectivité UpTime (gestion prédictive des véhicules) et des hausses de 20% du nombre de contrats service et de 5% du CA après-vente.

* PdM: part de marché