Pour cette dixième édition, le choix a été de prendre des sujets forts en lien avec les attentes des consommateurs pour lesquels la logistique responsable peut apporter des solutions intéressantes. Extraits.

Chaque année, CPV Associés et le Club Déméter réalisent une enquête auprès des entreprises et des acteurs publics membres de l’association. Elle permet de faire un état de l’art sur les pratiques d’entrepreneurs militants et engagés dans une démarche de progrès, et dont la vision ouvre sur de nouvelles perspectives en matière de logistique responsable.

VOUS AVEZ DIT « NEUTRALITÉ CARBONE » EN 2030 ?

Le Club Déméter a souhaité questionner ses membres sur la faisabilité, ou non, de cette neutralité carbone, mais à échéance 2030. Pour rappel, le gouvernement avait fixé moins de 40 % d’émission de GES pour cette même échéance. 31 % des membres pensent que cet objectif est envisageable alors qu’ils sont 28 % à admettre qu’il sera compliqué d’y parvenir, même si 64 % des entreprises membres interrogées se disent proactives en la matière. On constate à travers ces chiffres que cette neutralité reste un sujet complexe pour les entreprises membres, notamment dans son application opérationnelle pour la supply chain. En effet, 48 % des interviewés admettent qu’il y a des pistes technologiques frémissantes. Toutefois, et c’est un signal intéressant, 20 % sont convaincus que ces avancées sont prometteuses. La difficulté de percevoir aujourd’hui l’atteinte de ces objectifs est principalement due aux solutions technologiques actuellement disponibles, à l’engagement des pouvoirs publics et enfin à la maturité des acteurs. Sur les aspects financiers, 57 % des interviewés estiment qu’une chaîne logistique neutre en carbone affecterait les coûts d’acheminement des marchandises contre 26 % qui sont surs que cela pourrait être l’opportunité de faire des économies sur la chaîne globale. « La neutralité carbone serait une source d’efficacité économique ? c’est encourageant, mais pour 2030 il semble difficile de tenir de tels objectifs. Par contre, les signaux faibles de cette enquête démontrent qu’à horizon 2050, cette perspective est réalisable si elle s’appuie sur deux leviers: l’essor technologique pour les moyens logistiques et l’économie collaborative pour l’organisation logistique » souligne Julien Darthout, directeur général de CPV Associés.

BLOCKCHAIN ET SÉCURITÉ ALIMENTAIRE, QUEL RÔLE POUR LA SUPPLY CHAIN ?

La blockchain devient un registre transparent et inviolable d’informations. Elle doit aider à renforcer la traçabilité des supply chain afin de dresser des diagnostics plus rapides lors de contaminations alimentaires, par exemple. 29 % des membres ont déjà adopté ces solutions blockchain pour la traçabilité de leurs produits et de leurs moyens de livraison, dans la gestion des actifs ou encore dans le cadre de la formation. 42 % des membres estiment que d’ici 3 ans les applications opérationnelles blockchain adaptées à la sécurité alimentaire seront disponibles.

COMMERCE DIGITAL ET EXIGENCE CLIENT, EST-CE BIEN RESPONSABLE ?

Le commerce digital et l’émergence des nouveaux entrants ont reconfiguré la place de la logistique dans l’offre proposée par ces derniers. Pour 67 % des distributeurs et 50 % des industriels interrogés, une importante mutation est en cours sur l’ensemble de leurs activités. Côté prestataires, 53 % reconnaissent également cette mutation mais seulement sur une partie de leurs activités. L’organisation la plus appropriée de ce maillon transport demain sera celle issue des métiers d’expertises spécifiques en cours de développement pour 34 % des interrogés. 27 % pensent qu’elle sera le fruit d’une implication transport plus forte de la part des consommateurs. Ils sont 77 % à être convaincus que les objectifs stratégiques d’une logistique efficiente se fondent sur des organisations omnicanales afin de tirer les bénéfices de l’ensemble des univers commerciaux. Enfin, 80 % anticipent le développement d’une politique de sous-traitance de la part des leaders du e-commerce.

Ce sondage a été réalisé en avril 2018 auprès de 60 personnes issues de 29 entreprises membres du Club Déméter, dont 30 % de distributeurs – 32 % d’industriels – 32 % de prestataires – 6 % d’ institutionnels.