Comme tous les ans, NCT publie son étude qualitative des contextes économiques et immobiliers impactant entre autres la filière logistique du froid. Enrichie d’interviews, elle dégage les grandes tendances de 2018.

Titrée “L’optimisme n’exclut pas la prudence: l’immobilier, un secteur solide qui répond aux défis de demain”, l’étude met en exergue de belles performances pour le marché de l’immobilier hexagonal malgré une croissance économique pas aussi dynamique que prévue pour la France. Céline Cotasson-Fauvet, Directrice Data, Études et Recherche chez NCT mentionne un “optimisme qui n’exclut pas la prudence”.  “En effet, le secteur de l’immobilier semble avoir atteint la fin d’un cycle haussier. L’approche générale est donc à la prudence pour 2019, bien que les acteurs du secteur restent positifs au vu des nombreux enjeux qu’il leur reste à relever : besoin de souplesse, complémentarité physique et digital dans le commerce, ou encore l’épineux sujet du dernier kilomètre en immobilier logistique”. 

Economie, France et international

L’économie mondiale avait démarré l’année 2018 sur une note positive suite à l’accélération de la production et des échanges tout au long de 2017, mais l’embellie s’est rapidement essoufflée, à mesure de la montée des incertitudes. Fin janvier, Le Fonds Monétaire International (FMI) annonçait avoir abaissé ses prévisions de croissance mondiale de 3,7 % à 3,5 % pour 2019. Ces baisses sont principalement dues à la montée des risques politiques et aux tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, aux doutes concernant les modalités de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et à la possibilité d’un ralentissement plus marqué de l’économie chinoise. La Zone Euro n’est pas épargnée par ces baisses de prévisions.     En France, de multiples contraintes sont venues freiner la croissance annoncée, comme la hausse du pétrole et de l’euro, les tensions commerciales et le ralentissement de la croissance mondiale. Si les mesures fiscales du gouvernement du début de l’année laissaient présager une baisse du pouvoir d’achat, personne ne pouvait prévoir l’ampleur des mouvements de grèves dans les transports au 2ème  trimestre ou celui des « Gilets Jaunes » au 4ème, qui auront contribué à étouffer le sursaut attendu.

L’investissement en France: l’année de tous les exploits

Avec des liquidités toujours très abondantes, des primes de risque qui restent attractives dans un univers de taux bas et grâce à la solidité du marché locatif, le marché de l’investissement français a tenu ses promesses en 2018. A plus de 30 milliards d’euros, le volume d’investissement en immobilier d’entreprise en hausse de 20 % par rapport à 2017 enregistre un nouveau record historique. Si l’Île-de-France prédomine largement, les marchés régionaux progressent et affichent de belles performances -surtout au second semestre- et atteignent un volume de 8,1 milliards d’euros. Le bureau reste de loin la cible privilégiée des investisseurs. 23 milliards d’euros ont été investis l’an passé sur ce type d’actif, soit 3 euros sur 4 investis en France. Parmi eux, les bureaux franciliens qui flirtent avec les 20 milliards d’euros sont tout particulièrement visés pour les fondamentaux solides de leur marché locatif.

Locaux d’activité et entrepôts: une demande soutenue

 Au total, ce sont plus de 876 000 m² de locaux d’activité qui ont été commercialisés en Île-de-France en 2018. Ce marché confirme sa bonne santé avec, pour l’Île-de-France, un développement qui s’opère au-delà de l’A86, où le foncier est plus accessible et les loyers plus abordables. Portés par l’e-commerce et la grande distribution, les entrepôts toujours plus grands obéissent à cette même logique. Cependant, pour diminuer les coûts et l’empreinte écologique du dernier kilomètre, des projets de logistique urbaine font leur apparition dans les villes.