20 acteurs et opérateurs professionnels (dont la FNTR, Afilog, Certibruit, Geodis, UPS, etc.) ont souscrit au pacte pour une « logistique métropolitaine », en septembre.

PAR BENOÎT BARBEDETTE.

La lutte contre la pollution de l’air et le bruit oblige les autorités publiques, dont les maires, et les professionnels de la logistique, vigilants sur les coûts directs et induits, à se coordonner sur des bonnes pratiques. Dans ce contexte, 16 communes de la métropole parisienne (dont la Ville de Paris), 6 structures institutionnelles (dont la Caisse des dépôts et la CCI Îlede-France) et 20 acteurs professionnels

véhicules utilitaires », explique Élisabeth Charrier, de la FNTR Ile-de-France. L’enjeu est autant économique que politique. Le territoire du Grand Paris abrite 3 millions de m 2 et près de 800 entrepôts (200 m 2 à 120 000 m 2 ). « La Métropole n’a pas autorité pour imposer aux communes (des réglementations), mais elle peut diffuser les bonnes pratiques. Nous devons harmoniser nos règlements, c’est le plus facile à faire. Pour la qualité de vie (dont la FNTR, Afilog, Certibruit, Geodis, UPS, Semmaris, GNVert, etc.) ont signé le 10 septembre le pacte pour une « logistique métropolitaine ». Le but : harmoniser les conditions de transports et de livraison sur le territoire métropolitain qui compte 7,2 millions d’habitants et 131 communes. « Les transporteurs, depuis longtemps, demandent une harmonisation des réglementations, de circulation et de stationnement. Il faut aussi aider à faire accepter les camions dans les communes. Certains maires veulent les interdire. Or, pour le bruit comme pour la pollution de l’air, mieux vaut un seul camion que plusieurs de nos citoyens, le transport doit faire moins de bruit et moins de pollution. Je veux des résultats immédiats », a martelé Patrick Ollier, président de la métropole de Paris. Il part du constat que le trafic routier est la première cause de pollution atmosphérique dans le Grand Paris avec 38% des particules (PM10 et PM2,5) émises en 2012 ; 54% des NOX et 72% du NH3 (ammoniac). « 94% de ces émissions de NOx sont le fait des véhicules diesel. Le trafic routier génère 32% des émissions de gaz à effet de serre sur le territoire métropolitain, alors que les PL représentent 6 % des km parcourus. »

 

« JE VEUX DES RÉSULTATS IMMÉDIATS.»

PATRICK OLLIER, PRÉSIDENT DE LA MÉTROPOLE DE PARIS.

OPTIMISER LES FLUX DE LIVRAISON

Le plan d’actions du pacte logistique, avec des rendez-vous entre 2018 et 2020, comprend 4 chapitres :

• Optimiser les flux de livraison (en considérant que 54 % des mouvements de fret sont opérés par des utilitaires de -3,5t en Ile-de-France). Il préconise plusieurs actions : harmonisation des règlements de voirie et de livraison dans la métropole (échéance en 2020), utilisation mieux partagée des espaces publics (voirie, couloirs de bus, aires de livraison, etc.), intégration du TRM dans les projets de gares et de lignes de transport en commun, révision des règles d’accès et d’utilisation des aires de livraison, horaires, gabarit des véhicules autorisés (surface), normes environnementales (air et bruit), développement des outils et moyens de contrôle.

• Favoriser la transition technique des flottes (moins polluantes et plus silencieuses). Les actions préconisées sont une aide au déploiement des solutions (flotte et équipements) à faibles émissions et silencieux (d’ici à 2020), le déploiement des bornes électriques et stations de GNV, BioGNV et hydrogène (d’ici à 2020), l’adaptation des normes de stationnement à la recharge des véhicules électriques en sous-sol. La Métropole souhaite voir se développer le transport fluvial, avec plus d’accès routier et ferroviaire réservés aux quais, dans les communes mouillées par la Seine, la Marne et les canaux.

• Valoriser les fonctions logistiques dans les documents d’urbanisme. Ce qui veut dire les intégrer à la conception des opérations d’aménagement, valoriser la logistique dans le schéma de cohérence territorial (SCoT prévu en 2020), prévoir la logistique dans les PLU (plan local d’urbanisme).

• Sensibiliser le consommateur aux enjeux logistiques, en tenant compte de la croissance du e-commerce et des livraisons à domicile.

Le plus difficile commence : mettre en musique ce catalogue d’idées directrices. Depuis 2017, l’élu en charge des opération est Jean-Michel Genestier, maire du Raincy (Seine-Saint-Denis), vice-président de la MGP et directeur des affaires européennes du groupe SNCF. Jean-Michel Genestier, un ancien de Geodis, anime le groupe de travail sur la logistique urbaine créé en août 2017, avec Patrick Braouezec, vice-président de la Métropole, de Jean-Bernard Bros et de Claude Samson, président d’Afilog.